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Présence6 min de lecture

Quelque chose s'est éteint doucement

Tu fonctionnes. Mais il y a une légèreté qui manque. Une vibrance que tu ne retrouves plus.

Joran Ferragu

Créateur de JODLAME

Ce n'est pas dramatique. C'est insidieux. Un matin, tu te lèves et quelque chose que tu ne saurais pas nommer est moins là. Une légèreté. Une vibrance. Un rapport au monde qui avait une certaine texture — et qui en a une autre maintenant.

Fonctionner n'est pas vivre

Le fonctionnement est impressionnant. On peut fonctionner très longtemps — avec compétence, avec engagement, avec une façade parfaitement tenue — sans que grand-chose soit vraiment vivant à l'intérieur.

Ce n'est pas une critique. C'est souvent le résultat d'une longue série d'adaptations raisonnables. On s'adapte. On s'ajuste. Et à un moment, on s'est tellement ajusté qu'on ne sait plus très bien ce qui était "juste" avant les ajustements.

Ce qui s'est éteint

Souvent, ce qui s'est éteint doucement, c'est quelque chose de petit. Pas une passion immense — une curiosité. Un plaisir simple. Une façon d'être présent dans les moments ordinaires.

Et parfois, c'est quelque chose de plus essentiel. Une direction. Un sentiment d'appartenance à sa propre vie.

Rallumer — autrement

Ce qui s'est éteint ne se rallume pas par l'effort. Pas en forçant, en se motivant davantage, en ajoutant des pratiques. Il se rallume par l'espace. Par la permission. Par le fait de créer assez de lenteur pour entendre ce qui veut réapparaître.