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Présence4 min de lecture

Ralentir n'est pas perdre du temps

Dans une culture de l'accélération, ralentir ressemble à de la résistance ou à de la faiblesse. C'est souvent l'inverse : le premier acte courageux.

Joran Ferragu

Créateur de JODLAME

Il y a une pression implicite, dans notre environnement, à rester en mouvement. Plus vite, plus productif, plus présent partout à la fois. Ralentir est souvent interprété comme un manque de dynamisme, voire une forme de retrait. Cette interprétation est fausse — et coûteuse.

Ce que ralentir permet

Ralentir n'est pas s'arrêter. Ce n'est pas l'inaction. C'est ajuster son tempo pour que les décisions soient prises depuis un endroit plus ancré, que les actions aient plus de sens, que les relations aient plus de profondeur.

Quand on va vite — trop vite — on réagit plutôt qu'on n'agit. On répond aux urgences plutôt qu'on ne construit ce qui compte. On dit oui par habitude ou par peur du vide plutôt que par choix réel. La vitesse est un excellent camouflage pour l'évitement.

Ralentir comme acte de courage

Ralentir demande souvent du courage. Il faut accepter de sentir ce qu'on a évité en restant en mouvement. Il faut tolérer le vide que crée l'absence d'activité constante. Il faut faire confiance à l'idée que du bon peut venir d'un espace qui ressemble à du rien.

Un début possible

Choisissez une chose, cette semaine, que vous ferez délibérément plus lentement qu'à l'habitude. Pas parce que vous n'avez pas le temps d'aller vite. Parce que vous choisissez d'être là, vraiment, le temps que ça dure. Observez ce que ce ralentissement change dans votre expérience.